« Planète Marker » : rétrospective, projections et rencontres

Posted on 17 octobre 2013 par

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Impossible de passer à côté de l’un des évènements majeurs de cette fin d’année à Paris. Le Blog documentaire s’arrête ici sur la grande rétrospective consacrée à Chris. Marker au Centre Pompidou, en revenant notamment sur plusieurs textes d’Emilie Houssa qui ont été publiés sur ce site. Mais d’abord, une rapide présentation du programme très riche dédié à celui que Raymond Bellour n’hésite pas à classer parmi les « hommes-siècles », les « hommes-mondes ».

planete markerVoici donc une belle et grande rétrospective, organisée comme un hommage à Chris. Marker, qui saura satisfaire les appétits cinéphiles les plus aiguisés. Le Centre Pompidou et la Bibliothèque Publique d’Information, à Paris, proposent en effet plus de 2 mois d’une manifestation consacrée à l’oeuvre de ce cinéaste majeur, énigmatique et inclassable, qui a laissé derrière lui une filmographie impérissable.

De Les Statues meurent aussi (1953) à Lettres de Sibérie (1957) et La Jetée (1962) en passant par Le Fond de l’air est rouge (1977), Sans soleil (1983), Le Tombeau d’Alexandre (1992) ou Chats perchés (2004), Chris. Marker n’a eu de cesse d’explorer, d’inventer, de forger finalement son propre langage cinématographique ; et à chaque fois, ses essais de sens et de style ont fait date.

Autour de la vaste programmation de films que propose l’évènement (dont certains auraient dû rester invisibles, selon la volonté du cinéaste…), une exposition, une table ronde et des rencontres variées dont vous trouverez quelques détails ci-dessous.

marker1(Cliquez sur les images pour les agrandir)marker 3(Cliquez sur les images pour les agrandir)marker 2

Chris. Marker a aussi été l’un des premiers cinéastes à « migrer » vers d’autres supports… tous les supports. En 2003, il expliquait déjà à Libération : « Dans le CD-Rom, ce n’est pas tellement le support qui compte, c’est l’architecture, l’arborescence, le jeu ». Déjà parlait-il ainsi de webdocumentaire…

L’écrivain et théoricien de cinéma Raymond Bellour explique d’ailleurs, dans le catalogue de la manifestation : « Livre, album, photo, film, vidéo, installation, CD-Rom, Internet, Marker aura tout traversé, continuellement, inspirant un nombre toujours plus grand de cinéastes et d’artistes à travers le monde ».

Visionnaire, donc, Chris. Marker a produit une œuvre inépuisable qu’il est finalement assez rare de (re)voir dans les conditions que propose le Centre Pompidou. Et pour tous ceux qui ne pourront assister à ces projections, Arte a la bonne idée d’éditer un coffret de 11 films du cinéaste, qui sera disponible début novembre 2013 (80 euros environ).

DVD Chris MarkerA noter aussi que pour l’occasion, Blow up, l’excellent programme d’Arte, consacre un numéro spécial sur « le plus connu des cinéastes méconnus », en posant cette question : « C’est quoi, Chris. Marker ?« .

Ainsi que le souligne le montage ci-dessous, et comme le note très justement Raymond Bellour :

« Tous ses films ont en commun un engagement politique constant ; une curiosité encyclopédique inlassable pour toutes les formes de la réalité et de la culture; un amour indéfectible des animaux et avant tout des chats. (…) Mais, surtout, Marker a inventé une façon unique de rapporter les textes qu’il ne cesse d’écrire pour ses films aux images qu’il a recueillies à travers le monde afin de les construire (images captées dans la réalité aussi bien qu’extraites de multiples archives). C’est ce qu’André Bazin, commentant Lettre de Sibérie (1957), appelait « montage horizontal » afin de saisir la façon dont Marker lui semblait monter ses images, plus que plan à plan, « latéralement en quelque sorte à ce qui en est dit ». De sorte à créer un mixte indissociable, condition primordiale de cette forme de l’essai subjectif dont Marker a été l’un des plus grands inventeurs, peut-être le plus grand, soumettant ainsi continuellement la réflexion documentaire à la part de fiction qui lui permet de s’élaborer en toujours s’adressant à l’autre, son lecteur-spectateur virtuel, comme à un être pleinement vivant« .

Nous avons tenté, sur Le Blog documentaire, de cerner certains des contours de l’oeuvre protéiforme de Chris. Marker, et  nous vous proposons ici de revenir sur 6 textes, que nous devons notamment au formidable travail d’Emilie Houssa, docteure en cinéma et notamment chargée de cours à l’université Paris III – Sorbonne Nouvelle. Devraient suivre, bien sûr, d’autres éclairages…

Chris. Marker : Le point de vue documenté (par Emilie Houssa)

Chris. Marker : La démarche documentaire (par Emilie Houssa)

Chris. Marker : La fiction documentaire (par Emilie Houssa)

Doc & Doc : « Le fond de l’air est rouge ! » (par Emilie Houssa)

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Sans soleil - © Chris. Marker (1983)AVANT/APRES – Sans Soleil (par Benjamin Genissel)

Image 1Archives Slon/Iskra : « Du bon usage des épluchures » (par Catherine Roudé)

C. M.