Les Tweet-o-voeux des acteurs du #webdoc

Posted on 16 janvier 2012 par

1


C’est la nouvelle année, et Le Blog Documentaire reste plus que jamais présent sur le front du webdocumentaire et des nouveaux médias pour vous proposer un regard critique sur les œuvres qui essaiment sur la toile.

Privilège d’un genre naissant, aucun format ni norme n’a encore vu le jour pour délimiter le webdocumentaire dans l’enclos d’une définition. Ici même, nous avons souvent utilisé de cette porte d’entrée (« qu’est-ce, au fond, qu’un webdocumentaire ? »), tarte à la crème du journalisme, pour susciter les réflexions, recueillir les témoignages. Ces paroles sont autant d’intentions, de défis lancés pour une nouvelle narration que permet le web, c’est bien là la seule certitude.

A tel point donc qu’en ce début d’année 2012, nous vous promettons d’élargir notre champ d’exploration des narrations web. A trop vouloir sanctuariser le webdoc (versus iDoc, documentaire multimédia, P.O.M…), on ne ferait que, conceptuellement, changer de véhicule en restant sur le même continent : cela reviendrait à continuer de traquer, comme un gardien du temple, la vérité du documentaire d’auteur, qui exige une forme bien particulière d’attention.

Nous irons découvrir ces nouvelles narrations qui, grâce au web, permettent de définir un nouveau rapport sensible à la technologie : pour la première fois, il est possible de « consulter » aléatoirement une œuvre ou d’en créer une qui contienne un début, un milieu et une fin mais pas nécessairement dans cet ordre. Il ne s’agit pas d’aimer a priori parce que c’est nouveau, comme il serait idiot de rejeter la narration classique, au cinéma, à la télévision ou même sur le web. Tout est, au fond, affaire de qualité et de sensibilité : prendre la mesure de ce qu’un outil peut apporter à une compréhension différente du monde. Voici – rien de moins ! – ce que nous souhaitons au webdocumentaire et aux nouveaux médias en 2012 et encore après.

Et pour compléter cette e-cérémonie de vœux, nous avons demandé à certains d’entre nous, croisés ici ou là pour un entretien ou suite à un article, de nous faire parvenir leurs vœux, avec l’objectif, cependant, de le réaliser dans la contrainte de longueur d’un tweet ! Certains, gourmands, ont dépassé les 140 caractères, mais tous nous ont livré un peu de ce qu’ils souhaitaient pour le genre en cette nouvelle année. Que tous les contributeurs de cet article partagé en soient remerciés !

@blogdocs
@Nicolasbole

*

L’équipe qui édite le logiciel 3WDoc (@3wdoc) nous a envoyé une contribution que nous partageons…

« Qu’en 2012 les narrations interactives et rich media s’étendent bien au-delà du webdocumentaire pour devenir la nouvelle génération de sites web ! »

Le réalisateur belge Arnaud Grégoire (@ArnoKatcha) dont nous avions chroniqué le très beau Bonheur Brut, nous parle de l’apport du webdoc, qui n’est pas sans lien avec la vertu pédagogique de son webdocumentaire.

« Pour que les webdocs intègrent une vraie dimension participative, impliquent les citoyens. »

Le réalisateur Antoine Viviani (@vivianino) est l’une des personnalités marquantes du webdoc en 2011 : son prix à l’IDFA pour In Situ récompense un travail d’une qualité narrative et technique impressionnante pour la taille réduite de l’équipe qui a mené à bien l’œuvre. Il nous livre son souhait pour l’année qui s’ouvre…

« 2012, élue meilleure année du 21ème siècle pour le cinéma, les Internets et l’huile d’olive. Faites des films, vivez intensément, et mort au cloisonnement des genres! BANZAÏ ! « 

Myriam Verrault (@MyVerreault), réalisatrice de Ma tribu, c’est ma vie, nous a fait parvenir un tweet-o-voeu depuis le Canada.

« Pour 2012, je souhaite que le webdoc s’appuie davantage sur ce qui lui est spécifique. »

Tristan Mendès-France (@egoflux) a coréalisé Happy World, une expérience web protéiforme sur l’absurdité de la dictature birmane. Il nous fait part d’une inquiétude qui traduit la précarité du système de financement du webdocumentaire.

« J’espère que la crise ne va pas trop impacter les projets de webdocs en 2012. Le financement est déjà complexe aujourd’hui alors demain… »

Le photographe Thomas Salva fait – déjà ! – figure de précurseur du webdocumentaire, avec ses Brèves de trottoir (@Brevesdetrott), et plus récemment, La nuit oubliée (@17octobre61), tous deux réalisés avec Olivier Lambert. Son twittovoeu va dans le sens de ce à quoi nous aspirons aussi…

« Pour 2012 que le webdoc et la vidéographie s’imposent enfin comme de nouvelles formes de narration et deviennent incontournables pour les diffuseurs ! »

 Olivier Lambert, lui, transmet dans son tweet-o-voeu cet espoir, partagé par beaucoup que le webdocumentaire puisse trouver un modèle économique pérenne.

« Puisse 2012 (ré-)installer définitivement le (web/i-)docu dans le PAF, lui apporter un business model solide, et garantir aux publics des découvertes et du plaisir. »

Marianne Rigaux (@mariannerigaux) et Jean-Baptiste Renaud (@JbRenaud) ont réussi en 2011 l’expérience crowdfunding pour leur webdocumentaire Parole2roumains. C’est donc logiquement qu’ils souhaitent le voir se réaliser : nous le leur souhaitons aussi !

« En 2012, on souhaite que notre documentaire @Parole2roumains sorte comme prévu en mars ! »

Le réalisateur et photographe Jean-Matthieu Gautier, qui a réalisé Manila Moneyla, un webdocumentaire (chroniqué ici) sur le mal-logement aux Philippines, revient dans son tweet-o-oeu sur la façon dont un webdoc peut être reçu.

« Dans le concept de webdoc, j’entends d’abord interactivité, donc par extension engagement, donc pour les ONG, une nouvelle façon de toucher les gens. »

Pierre Cattan (@pierrecattan) a coproduit, avec Cinquième Etage Production, Happy World, réalisé par Tristan Mendès-France et Gaël Bordier. Son twittovoeu est fidèle aux valeurs que défend ce projet, autoproduit et pour lequel la diffusion a fait l’objet d’une véritable réflexion.

« Les producteurs de contenus interactifs s’uniront pour faire ensemble des œuvres protéiformes et multilingues, en Creative Commons et crowdfunding. »

Matthieu Lietaert (@notsocrazyprod) est un observateur avisé du webdocumentaire : il a écrit et diffuse avec sa société, Not So Crazy Productions, le premier livre qui reprend analyses et entretiens avec les professionnels du genre. Il revient dans son tweet-o-voeu sur l’enjeu de la diffusion.

« Produire un webdoc est ‘facile’, le distribuer beaucoup moins… Donc si vous faites un webdoc en 2012, je vous souhaite plein d’heureux partenariats ! Ils vous seront utiles. »

Olivier Crou (@ourc) est expert en audiovisuel Web & TV et travaille à l’Institut National de l’Audiovisuel. Il a écrit et soutenu une thèse professionnelle sur le webdocumentaire et propose ses analyses sur webdocu.fr. Il nous fait parvenir ce tweet-o-voeu qui sonne comme un appel à la création de webdocumentaire d’auteur.

« Plus que jamais pour 2012, nous avons besoin de solidarité, de voyages, d’utopie. Je souhaite que le webdocumentaire se détache de l’actualité et de la communication, pour devenir un laboratoire pour nos rêves… »

Last but not least, l’imposant mais non moins inspirant tweet-o-voeu de Claire Leproust (@claireleproust), qui dirige le département Développements Numériques de CAPA (interview à retrouver ici) : il représente bien ce souffle que l’on peut attendre d’un nouveau genre, aux contours encore mouvants, pour lequel toutes les expérimentations sont possibles.

« #generation #webdoc #youmustbelieveinspring @billevans disait : « Je pense que certaines jeunes personnes veulent une expérience plus profonde. Certaines personnes veulent juste être frappées sur la tête et si elles sont frappées assez fort, elles ressentiront peut-être quelque chose. Mais d’autres veulent aller au fond des choses et peut-être découvrir plus de richesse. Et je pense que ce sera toujours pareil, ces gens-là ne seront pas un grand pourcentage de la population. Un grand pourcentage de la population ne veut pas d’un défi, ils veulent qu’on leur fasse quelque chose, ils ne veulent pas participer. Mais il y aura toujours, peut-être 15%, qui en veulent plus et ils iront le chercher, peut-être que c’est là qu’est l’art. » »

Bonne année à tous !