Documentaires en salles et festivals (novembre 2/2)

Posted on 23 novembre 2011 par

1


Actualité très (trop ?) chargée en cette fin novembre où les films se bousculent en salles. Pas moins de 8 sorties entre le 23 et le 30 novembre, avec notamment Tous au Larzac, Territoire Perdu ou encore La Vie murmuréeSans compter les autres films du mois, par exemple : Qu’ils reposent en révolte, Zones d’ombre et Khodorkovski.

De documentaires il sera aussi question en festivals, notamment à Belfort pour les Entrevues, à Nantes pour les 3 Continents et à Clermont-Ferrand pour Traces de vies. Profitons-en : décembre s’annonce d’ores et déjà moins « riche ».

A noter aussi, côté fiction, une nouvelle sortie pour If…, le film culte de Lindsay Anderson (Palme d’or à Cannes en 1969). Et puis, un ovni filmique, Donoma, réalisé par Djinn Carrenard pour la modique somme de 150 euros…

Bons films !

Hell and back again - © Danfung Dennis

Les sorties en salles

Le 23 novembre

Tous au Larzac, de Christian Rouaud.

C’était il y a 40 ans, les paysans du Larzac entamaient un bras de fer rugueux et déterminé contre les autorités (militaires, politiques…) pour sauver leurs terres. Face à la volonté du ministre de la Défense de l’époque d’étendre le camp militaire présent sur le plateau, des centaines de familles se mobilisaient en se faisant le serment de ne jamais céder leurs champs. Leur combat, enthousiaste et éprouvant, se poursuivra pendant 10 ans, et marquera une (plusieurs ?) génération(s) de militants. Avec ce documentaire vivifiant, Christian Rouaud revient sur ce mouvement populaire avec quelques-uns de ses protagonistes. Le film a récemment remporté les prix du jury, du public et des jeunes journalistes au 22e Festival du film d’histoire de Pessac.

*

A la Une du New York Times, de Andrew Rossi.

Un an dans les coulisses de l’un des plus grands quotidiens américains pour approcher quelques-uns des défis imposés par le déferlement d’Internet sur la presse traditionnelle. Faut-il, ou non, travailler avec Julian Assange et Wikileaks ? Comment repenser un modèle séculaire quand Twitter et Facebook redessinent la production et la diffusion d’informations ? Et le faut-il vraiment, d’ailleurs ? Très attaché au papier, Andrew Rossi pense que « oui » et nous plonge au milieu des quelques 1.100 journalistes du New York Times (dont certains seront licenciés pendant le tournage) pour tenter de percevoir comment eux entrevoient leur avenir. Le réalisateur s’attache notamment au très singulier David Carr pour suivre enquêtes et débats qui agitent la rédaction. Optimistes et pessimistes quant à l’avenir de la presse imprimée trouveront du grain à moudre dans ce documentaire.

*

Toute ma vie en prison, de Marc Evans.

Nouvelle pierre militante dans le jardin des adversaires à la peine de mort aux Etats-Unis, ce film se focalise sur le sort réservé à Muma Abu-Jamal, journaliste noir, ancien Black Panther, condamné à la peine capitale pour le meurtre d’un policier blanc qu’il a toujours nié avoir commis. Le crime a eu lieu le 9 décembre 1981, date de naissance de William Francome qui, avec l’aide du réalisateur Marc Evans, revient sur le destin d’un homme qui a passé en prison l’équivalent de toute sa propre existence. Le documentaire revient sur une enquête bafouée et un jugement expéditif tout en prenant le soin de dépeindre l’atmosphère particulière de Philadelphie dans les années 80. Le film, qui s’appuie sur des intervenants aussi divers que Noam Chomsky et Snoop Dogg, n’innocentera pas Mumia Abu-Jamal aux yeux de la justice américaine. Celui qui est citoyen d’honneur de la ville de Paris a vu sa peine de mort commuer en prison à vie en 2008.

*

Grandpuits et petites victoires, de Olivier Azam.

Autre mouvement social porté à l’écran ce mois-ci : la mobilisation contre la (dernière) réforme des retraites, en octobre 2010. Des millions de manifestants et de grévistes se mobilisent contre le projet du gouvernement. Les raffineries cessent le travail, et deviennent rapidement le centre nerveux d’un conflit que les autorités entendent bien déminer. Olivier Azam nous emmène au plus près des ouvriers mobilisés devant l’usine de Grandpuits, en région parisienne. Il suit avec eux, et en adoptant leur point de vue, les rebondissements d’une mobilisation qui se soldera, disons-le, par une défaite. Restent alors de « petites victoires », symboliques, et la fierté d’avoir participé à un mouvement collectif. Le film, comme le mouvement qui l’inspire, a été tourné, monté et diffusé grâce à la solidarité de ses acteurs, et sans aucune aide financière traditionnelle.

*

Le 30 novembre

Territoire perdu, de Pierre-Yves Vandeweerd.

Après Les Dormants et Le cercle des noyés, nouvelle incursion cinématographique de Pierre-Yves Vanderweerd au Sahara Occidental, vaste territoire désertique divisé entre un Nord marocain et un Sud revendiqué par le Polisario (soutenu par l’Algérie). Le cinéaste nous emmène, de part et d’autre d’un mur de sable de 2.400 kilomètres de long, à la rencontre du peuple sahraoui. Il nous décrit son enfermement, physique et psychique, ses doutes et ses espoirs. Plus qu’un document sur une partie délaissée par les caméras du monde, Terrtoire perdu propose une puissante réflexion, à la fois esthétique, politique et philosophique, qui s’appuie sur des images tournées en Super 8 et une bande sonore particulièrement travaillée. Olivier Barlet explique dans Africultures : « A la faveur d’évocations métaphoriques, de plans extatiques faisant entendre les méandres du vent dans le désert, de portraits silencieux dessinés par la lumière, c’est une méditation sur la vie et la mort que partage Pierre-Yves Vandeweerd avec le spectateur ». Ce documentaire a notamment obtenu le Grand prix de la compétition internationale lors des dernières RIDM.

*

La Vie mumurée, de Marie-Francine Le Jalu et Gilles Sionnet.

Comment la littérature du romancier japonnais Osamu Dazaï a essaimé la culture nippone contemporaine ? Ecrivain controversé, suicidé après 4 tentatives en 1948 à l’âge de 38 ans, il demeure l’un des auteurs les plus lus de l’archipel. C’est pour comprendre son influence et tenter de cerner certains aspects du phénomène que Marie-Francine Le Jalu et Gilles Sionnet ont entrepris ce film. Chanteur, étudiant, blogueur, vice-préfet… Ceux qui vivent avec ses mots, s’en inspirent et les expirent, témoignent ; et dressent en creux un tableau du Japon d’aujourd’hui.

*

Jig, de Sue Bourne.

Dans les coulisses d’un concours de danse qui attire plusieurs milliers de participants : les 40e championnats du monde de « Jig », une danse traditionnelle irlandaise. La réalisatrice a suivi pendant près d’un an sept concurrents venus en découdre à Glasgow. Entre entrainements acharnés, doutes et espoirs, le film est bien évidemment tendu par la compétition finale où se confronteront les destins que la réalisatrice nous aura fait rencontrer en chemin.

*

Hell and Back again, de Danfung Dennis.

Immersion « embedded » avec des soldats américains en Afghanistan, le film du photojournaliste Danfung Dennis s’attache plus particulièrement au destin du sergent Nathan Harris, 25 ans, qui tente de se remettre de ses blessures de retour chez lui en Caroline du Nord. Le film alterne séquences du présent et scènes de guerre montées en flashback. Primé au dernier festival de Sundance, le documentaire – et c’est une prouesse en terrain miné – a été tourné avec l’appareil photo Canon EOS 5D Mark II.

*

Le coin des festivals

-Le 21e Festival du film documentaire Traces de Vies de Clermont-Ferrand, du 21 au 27 novembre ;

– Le 33e Festival des 3 Continents de Nantes, du 22 au 29 novembre ;

– Le 13e Festival du cinéma européen en Essonne,  en région parisienne du 15 au 27 novembre ;

– Les Rencontres cinématographiques de la Seine-saint-Denis, toujours en région parisienne du 16 au 27 novembre ;

– Le Festival international du film Entrevues de Belfort, du 26 novembre au 4 décembre ;

– Le 12e Festival de cinéma Du grain à démoudre, à Gonfreville L’Orcher du 20 au 26 novembre ;

– Le Toronto Film Festival, au Canada du 23 novembre au 5 décembre.

– Le Festival international du film des droits de l’Homme de Strasbourg, du 23 novembre au 4 décembre ;

– Le Festival Docs en court de Lyon, du 26 novembre au 3 décembre.

Posted in: En salles