Les États généraux du film documentaire se dérouleront cette année du 19 au 25 août 2012 à Lussas (Ardèche). Avant goût de ce qui vous attend cet été…
Après une édition 2011 marquée par les ateliers « Donner à entendre » et « Le cabinet d’amateur » et également par la présentation, en avant première, d’œuvres remarquables telles Tahrir, place de la libération, L’été de Giacomo ou encore Tous au Larzac, les États généraux du film documentaire vont notamment s’intéresser cette année au rôle de la critique cinématographique contemporaine. Une réflexion à laquelle Le Blog documentaire, partenaire du festival, aura l’honneur et le plaisir de prendre part.
Observatoire de l’évolution des formes cinématographiques, laboratoire de réflexion autour de questions de cinéma, sur la fabrication des films, leur production et leur diffusion, les États généraux du film documentaire sont également un espace dédié à la valorisation d’œuvres récentes ou de patrimoine peu diffusées et demeurent attentifs à l’engagement des auteurs, des producteurs et des diffuseurs. Manifestation non compétitive, le festival accompagne un large public à la découverte du cinéma documentaire de création : fragments d’une œuvre d’un auteur, séances spéciales, projections en plein air…
Quelques éléments de la programmation 2012…
- Séminaire : Nécessité de la critique ?
Confrontée à l’évolution des modes de diffusion des films – de la salle et la télévision, des festivals aux musées puis à Internet – mais aussi à l’évolution de ses propres outils de diffusion, comment la critique de cinéma accompagne-t-elle aujourd’hui les films et quelle est sa propre évolution ? Comment rend-elle compte des mouvements et des transformations du cinéma documentaire ? De quels héritages, de quels outils disposent les critiques en exercice aujourd’hui, qu’ils interviennent à propos du cinéma dit « documentaire » ou de celui dit « de fiction » ?
Eléments de réponse autour d’un atelier qui regroupera Emmanuel Burdeau, Jean-Louis Comolli, Antoine Guillot, Christophe Kantcheff et Cédric Mal.
- Séminaire : Construire un regard politique ?
Certains films du programme « Expériences du regard » permettront d’interroger ce qui permet d’y reconnaître la mise en œuvre cinématographique d’une énergie politique. Par énergie politique, il faut entendre plusieurs registres qui peuvent opérer ensemble ou séparément dans un documentaire pour produire le partage d’un monde et construire une histoire. Marie-José Mondzain désigne par commodité cinq registres en fait inséparables du questionnement adressé à un film à travers le choix des formes : 1) Comment sont filmés le corps du pouvoir et le pouvoir des corps ? 2) Comment ont été réglées les distances et les proximités ? 3) Comment sont saisis les rapports de force, l’espace visuel et verbal des conflits comme celui des alliances et des complicités ? 4) Comment se construit la mémoire collective dans les récits singuliers ? 5) Quelle place est faite à la communauté des spectateurs dans le respect des singularités ?
Il s’agit bien sûr de saluer le courage et les risques qui sont pris dans les gestes de création documentaire et non de couronner l’excellence formelle d’un objet.
- Rencontres professionnelles
Temps privilégiés pour engager une réflexion commune à tous les secteurs du documentaire autour des perspectives économiques et de diffusion du documentaire. Elaborées en lien étroit avec différents collectifs et associations professionnelles, elles alternent séances à huis clos et temps d’échanges publics.
On retrouvera notamment cette année des temps forts autour du documentaire animé, des aides des collectivités territoriales en faveur du documentaire, ou encore de "la peur du réalisateur et du producteur". A noter également un dialogue entre Marie-José Mondzain et Jean-Louis Comolli autour de leurs dernières publications.
- Route du doc : Portugal
Un regard sur l’évolution du documentaire contemporain hors de nos frontières avec cette année le documentaire portugais. Avec la complicité de la réalisatrice Inês Sapeta Dias et la collaboration de l’association du documentaire portugais Apordoc.
Tous les films, proposés du jeudi 23 au samedi 25 août, sont à retrouver ici.
- Histoire de doc : Pays Baltes
Estonie, Lettonie, Lituanie, une sélection de films de patrimoine avec la découverte de films peu diffusés. Pour la seconde année, les États généraux s’associent avec la Direction du Patrimoine sur cette programmation.
Les documentaires, à découvrir du lundi 20 au mercredi 22 août, sont détaillés ici.
- Sélection « Expériences du regard »
Une sélection de 23 documentaires issus de la production francophone européenne de l’année présentée par Pierre-Yves Vandeweerd (réalisateur) et Philippe Boucq (monteur).
The Devil (Jean-Gabriel Périot)
Nos jours, absolument, doivent-être illuminés (Jean-Gabriel Périot)
Regarder les morts (Jean-Gabriel Périot)
Sous le ciel (Olivier Dury)
Il se peut que la beauté ait renforcé notre résolution — Masao Adachi (Philippe Grandrieux)
Manque de preuves (Hayoun Kwon)
La nuit remue (Bijan Anquetil)
Héros sans visage (Mary Jimenez)
Jaurès (Vincent Dieutre)
Ici rien (Daphné Hérétakis)
Les Éclats – Ma gueule, ma révolte, mon nom (Sylvain George)
Ost (Est) (Charlie Rojo)
Yamo (Rami Nihawi)
Autrement, la Molussie (Anders, Molussien) (Nicolas Rey)
Rouge (Alice Heit)
Toujours mort, enfin vivant (Richard Frank)
Plusieurs fois la Commune (J. Chollat-Namy, D. Peaucelle, R. Boitier, A. Soumaré, K. Bellan, V. Poulin)
Fort intérieur (Chris Pellerin)
L’Ambassadeur & Moi (Jan Czarlewski)
Eau douce eau salée (Aya Tanaka)
Charges communes (Anne Schiltz, Charlotte Grégoire)
Le Gosse (Louise Jaillette)
Le Libraire de Belfast (Alessandra Celesia)
[Le visuel de cette 24ème édition est une photographie de Mickael Ackerman, représenté par la Galerie VU].





Abel CARLIER
10 mai 2012
On aborde là les territoires de questionnements classiques à Lussas, territoires à re-découvrir sans cesse…Notamment sur les modes de diffusion ET de réception des productions. Il y a urgence à développer une "capacité à voir et à habiter" le continent de l’immédiat, de l’ubique, du permanent, des identités successives qui émerge aujourd’hui sur le net et une capacité à poser les questions de la mémoire et du récit autrement. Nous sommes (les auteurs) dans" le rêve de quelqu’un d’autre"… Et ça mérite qu’on en parle.